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PYGMALION = GROS COCHON

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PYGMALION = GROS COCHON

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Speaking about Adèle Haenel, j’ai réfléchi à la figure du « pygmalion ». Oui, c’est bien en s’assimilant à ce héros de la mythologie grecque que Christophe Ruggia justifie la relation qu’il entretenait avec l’actrice alors âgée de 12 à 15 ans.

«Je n’ai jamais eu à son égard, je le redis, les gestes physiques et le comportement de harcèlement sexuel dont elle m’accuse, mais j’ai commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite»

MON PYGMALION À MOI

C’est marrant ce truc de « pygmalion », là. La seule fois où j’en ai croisé un (de pygmalion), c’est quand, suite à l’une de mes auditions de flûte au Conservatoire, le remplaçant de ma prof s’était, devant les éloges qui m’étaient adressé, vanté d’être mon pygmalion.

Du haut de mes 13 ans, j’étais outrée. Si quelqu’un pouvait récolter les lauriers de ma gloire pré-pubère, ce n’était pas lui mais elle, Anne Mathias. C’est elle qui m’avait tout appris. Elle était modeste, affable, elle plaçait ses longs cheveux d’ébène devant son visage diaphane avec une pudeur préraphaélite. En 15 ans d’enseignement intensif, jamais elle ne s’était targuée de quoi que ce soit vis-à-vis de moi. Fière comme une mère, elle l’était certainement, et elle le pouvait. Mais tirer la couverture à elle ? Jamais.

Du haut de mes 13 ans, j’étais outrée. À l’âge où les seins poussent, je la fermais.

QUI EST PYGMALION

Pour rappel, Pygmalion est un sculpteur qui, vénère contre les femmes de Chypre qu’il considère trop légères, se voue au célibat. Cloîtré comme un moine dans son atelier, il imagine et sculpte sa femme idéale et en tombe amoureux. Je vous le donne en mille : elle est jeune, bonne et silencieuse. Je vous le donne en mille, épisode 2 : Aphrodite trouve ça trop cute et donne vie à la bombasse de marbre qué s’appelorio Galatée.

Pygmalion et Galatée, Jean-Léon Gérôme, MET
Pygmalion et Galatée, Jean-Léon Gérôme, MET

UN FANTASME PÉDOPHILE

Ça vous rappelle Elisa ou Lolita ? Bien ouej. Pygmalion est la figure d’un fantasme masculin répandu : modeler une jeune fille à l’exacte mesure de son désir amoureux. Là où d’autres ne verront qu’une gamine, lui voit sa créature… et ça l’excite. C’est marrant comme ce délire narcissique pue la pédophilie ! Est-ce qu’on se targue d’être le pygmalion d’une femme entre ses 30 et ses 35 ans ? Non, il faut qu’elle soit petite, menue, naïve avec de grands yeux qui brillent, une culotte en coton et une brassière imprimée de cerises. Aux yeux de Pygmalion, il faut qu’elle ait ce je-ne-sais-quoi de virginal tout en dégageant -malgré elle- un sacré potentiel de suceuse de bites. Pas de règles, si possible. Pas de père ? Encore mieux (cette analyse est aussi valable pour les petits garçons, les règles en moins).

C’est marrant comme cet ego-trip de cochon ne s’accorde pas au féminin. Vous connaissez des « pygmalionnes », vous ? Moi, non.

La morale de cette histoire : Christophe Ruggia aggrave son cas en pensant faire mouche chez les lecteurs de Télérama et autres Polanski-friendly. Il fallait ouvrir un livre. 

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