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DESSINONS LA MODE #3

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DESSINONS LA MODE #3

Cover stars balmain olivier rousteing

Les Stars, c’est le dernier volet de la trilogie « Dessinons la mode », une série de 3 articles qui décryptent les 3 courants de marques qui révolutionnent la Fashion Week. Après « les avant-gardistes » et « les suiveurs », découvrez les plus grandes griffes.

DANS LES ÉPISODES PRÉCÉDENTS

Dans les deux premiers volets, je vous expliquais que, plus intéressants que les tendances que l’on décrypte après chaque Fashion Week, ce sont de nouveaux courants de marques qui se dessinent. Le premier courant, celui des avant-gardistes, réunit marques, labels et collectifs qui considèrent le vêtement comme un objet culturel sur lequel on fait de la recherche et passer des messages. Le second, celui des « suiveurs« , réunit tout un tas de labels qui se ressemblent et copient-collent les tendances sans réelle identité.

CHAPITRE 3 : LES STARS

Là c’est pas compliqué, il s’agit des marques de luxe les plus populaires qui faisaient déjà kiffer ta grand-mère. Tout en lorgnant sur les enjeux que soulèvent les griffes avant-gardistes et les tendances que reproduisent les marques « suiveuses », elles privilégient leur histoire et leur style reconnaissable entre mille. L’idée, c’est de picorer : oui à « l’upcycling » et aux queer sur le runway, ok pour le retour du cycliste, mais, aux manettes, un couturier redéfinit sans cesse la tradition de la Maison à laquelle il prête son nom.

Dans cette catégorie de Stars se dessinent des chapelles aux styles iconoclastes (les bourges, les bariolés, les romantiques…) mais, surtout, trois sous-catégories : les tradis, les hybrides et les roues libres.

LES TRADIS

Chanel, Dior, Saint Laurent… aussi vrai que la Terre est ronde, leur simple nom est un coup de pression à tous ceux qui oublient qu’on est les champions, on est les champions, on est, on est… bref.

Dans ces grandes maisons, peu importe le directeur artistique, seul compte le style.

Prenez Chanel : Virginie Viard envoie du tweed à vau-l’eau dans la droite ligne de Karl Lagerfeld. Chez Dior, Maria Grazia Chiuri promeut une femme moderne qui revisite les codes du maître à la sauce XXIème siècle. À la direction artistique de Saint-Laurent Depuis 2016, Anthony Vaccarello puise dans la période sulfureuse du grand Yves avec des défilés qui se suivent, se ressemblent et se vendent. Côté transalpin, Valentino est toujours aussi romantique, Versace, toujours aussi drama-bitch, Prada et Fendi plus fidèles que jamais aux recettes de leur succès.

LES HYBRIDES

Et dans la famille des mastodontes, je demande les grandes maisons qui ont opté pour une toute autre stratégie : faire de leur nouveau directeur artistique une star, quitte à ce qu’il fasse de la griffe une marque à son service.

Véritables transfuges, Olivier Rousteing chez Balmain, Alessandro Michele chez Gucci, Demna Gvasalia chez Balenciaga, Hedi Slimane chez Celine ou Riccardo Ticci chez Burberry sont de ceux là.

Tous surdoués, ils s’éclatent comme des foufous au nom de grandes Maisons au point d’en effacer l’histoire. Tant mieux, ça marche. (Pierre who ? Cristobal what ? )

Prenons les deux premiers : avant leur folle promotion, Rousteing et Michele étaient déjà en embuscade chez Balmain et Gucci sans être connus du grand public. Une fois sur le trône, l’un et l’autre ont balancé des shows à leur image sans grand souci de l’héritage, soit des collections drama-bling à te rendre épileptique qui ont cassé instagram et ressuscité leurs maisons respectives. Aujourd’hui les mecs sont indéboulonnables.

Le cas Demna Gvasalia chez Balenciaga est un peu différent. Tout aussi populaire -quoique plus branchouille- il bat tous les records après s’être fait repérer via son propre label, Vetements, qui cartonnait déjà chez les professionnels de la profession. Hipster ultime, ils se proclame de Banksy, de Margiela, de Duchamp, bref, de tout le monde sauf de Cristobal Balenciaga qui n’était pas un c****** en sweat qui pue, contrairement à lui. Voilà, voilà.

Même chose pour Hedi Slimane et Riccardo Ticci, les pros du mercato qui font de chaque maison dans laquelle ils atterrissent leur nouvelle collection. Hedi Slimane fait du Hedi Slimane chez Celine comme il en faisait chez Saint Laurent et Riccardo Ticci fait du Riccardo Ticci chez Burberry comme il en faisait chez Givenchy. En gros, ils envoient une mode très personnelle auréolée de précieuses étiquettes.

LES ROUES LIBRES

Et chez les Stars, il y a évidemment ces jeunes et moins jeunes couturiers inclassables. Les exemples sont nombreux, en voici quelques uns :

Je parlerai d’abord de Simon Porte Jacquemus dont la griffe éponyme fout le seum à tous les gens nés après 1990.

Le mec est une météorite. Indépendant, il monte sa marque tout seul à 19 ans. Dix ans plus tard elle casse tout sur son passage et connaît un succès croissant. On peut s’interroger sur le style solaire et simplissime de Jacquemus, sur son côté très « marketing ». Mais le mec est un boss, clairement.

Je parlerai ensuite de John Galliano, sacré directeur de la création de la Maison Margiela en 2014. Non, Margiela n’est pas mort, Galliano non plus d’ailleurs, contre toute attente.

Quelle claque et quelle audace (on n’avait jamais vu ça) que de nommer l’un des derniers grands couturiers vivants à la tête de la maison d’un autre grand couturier vivant ! On pensait qu’ils n’avaient rien à voir : Galliano, chaud, baroque, foudingue. Margiela, froid, minimaliste, taiseux. Le feu et la glace et, pourtant, chaque show Margiela est un spectacle de talent, de respect, de concentration maximale. On a affaire à deux maniaques.

Je parlerai enfin de la -très- bien née Stella McCartney, dont la marque inclassable cartonne depuis 2001.

Comme d’autres ont fait main basse sur les 80’s (Jean-Paul Gaultier, Christian Lacroix, Thierry Mugler, Claude Montana, les créateurs japonais et les « Six d’Anvers »*), le nouveau millénaire s’est accompagné d’une nouvelle garde de jeunes designers cool et connectés. Stella McCartney est de ceux-là, au même titre qu’Alexander McQueen, Raf Simons, Marc Jacobs ou Tom Ford. Vingt ans plus tard, la quinqua est loin d’être dépassée. Elle est LA porte-parole du luxe responsable puisque, dès sa création, la maison Stella McCartney détonne par sa conception éthique au poil de cul près. Écologique et sexy, la dernière collection de madame (printemps-été 2020) était constituée de 75% de vêtements eco-friendly. Militante et glam, vertueuse et rentable, Stella McCartney est l’exemple d’une marque qui dure dans le temps avec, à sa tête, une star.

THE END

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