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DESSINONS LA MODE #2

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DESSINONS LA MODE #2

Cover Les suiveurs

Bienvenue dans la trilogie « Dessinons la mode », une série de 3 articles qui décryptent les 3 courants de marques qui révolutionnent la Fashion Week. Après « les avant-gardistes », ce sujet est le numéro 2 : les suiveurs.

DANS L’ÉPISODE PRÉCÉDENT

La semaine dernière, je vous expliquais que, plus intéressants que les tendances que l’on décrypte après chaque Fashion Week, ce sont de nouveaux courants de marques qui se dessinent. Le premier courant, celui des avant-gardistes, réunit marques, labels et collectifs qui considèrent le vêtement comme un objet culturel sur lequel on fait de la recherche et passer des messages. Voici le deuxième courant de marques.

CHAPITRE 2 : LES SUIVEURS

Autrement appelées « putatendances », la plupart de ces marques sont nées de l’explosion du contenu mode sur instagram. Biberonnées aux street styles et autres #outfitoftheday, elles régurgitent à la perfection les allures les plus populaires du réseau social pour satisfaire les millenials… et ça marche.

Followers par milliers, like comme s’il en pleuvait, les « suiveurs » parlent bien plus « engagement », « reach » et « taux de clic » qu’histoire du vêtement. Ils méprisent le temps long, la recherche et la conception au profit de ce qui se vend là, maintenant. La tendance, quoi.

C’est le retour des santiags? T’as même pas le temps de finir ton brushing que 4 collabs exclusives apparaissent sur ton feed.  Puma X Fenty X Kylie Cosmetics X Dolly Parton X RuPaul X ma mère… tout est possible.  

Effets de mode, effets de manches, éphémères, je vous fiche mon billet que les suiveurs sont voués à une mort certaine.

Nouveaux labels pour la plupart, s’engouffrent également dans la brèche des suiveurs :

  • les griffes en manque de notoriété qui bouffent à tous les râteliers
  • les marques « retail » sans intérêt qui se mettent à défiler
  • les marques reines de l’appropriation culturelle

Les suiveurs ont deux points communs : d’abord, on les confond toujours les uns avec les autres parce qu’ils refourguent tous la même came, à quelques coutures près. Pire, on les oublie. « Tu te souviens du trench en vinyle blanc que j’ai vu chez eux… merde, c’était pas euh… ? Mais si putain LE TRENCH BLANC LÀ !!! ». C’est le drame.

Ensuite, ils nous viennent, pour l’écrasante majorité d’entre eux, des États-Unis. Non, je ne lolerai pas sur la Fashion Week de New York, qui est intéressante. Mais passés Marc Jacobs, Ralph Lauren, Area ou Pyer Moss, qu’est-ce qui reste ? Zadig & Voltaire (the fuck) et des dizaines de collections qui singent les dégaines les plus validées d’instacrotte.

Sur le podium déambulent ce qui pourrait très bien être porté par Khloé et Kourtney Kardashian, Kendall Jenner ou Bella Hadid dès le lendemain du défilé.

Influenceuses qui ont droit de vie ou de mort sur un sac Chanel comme sur une paire de chaussettes, c’est elles que les suiveurs suivent et copient jusqu’à plus soif. Les followers follow, likent, elles en parlent, nouvelle collection et rebelote jusqu’à ce que t’en puisses plus des lunettes de soleil profilées, des bananes FILA, des « dad shoes », des bootcuts et autres horreurs exhumées des 90’s qui, aujourd’hui, sont du dernier cri.

Kourtney Kardashian
« Je suis fashion et je le reste », Kourtney Kardashian

Attention, ces griffes ont un gros plus : elles remplissent nos dressings de fringues sans fausse note accessibles en un clic. On se prend à rêver qu’on les gardera à vie mais, au pire, elles feront la joie de fashionistas déchaînées sur Vide Dressing ou autre Vestiaire Collective. #nauséeoftheday.

Suite et fin dans Dessinons la Mode, chapitre 3 : Les Stars.

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